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Congo: économie, présidentielle 2021, Sassou Nguesso, entretien avec Clément Mouamba

Natif de Dingui-Sibiti, dans le département de la Lékoumou, Clément Mouamba, a réservé un accueil chaleureux au président Denis Sassou Nguesso lors de son passage le 8 Mars 2021 à Sibiti dans le cadre de la campagne électorale. Cet économiste, banquier a été nommé Premier ministre, Chef du Gouvernement, du Congo depuis le 23 avril 2016. Dans cet entretien exclusif, il évoque ses relations avec le président Congolais, le projet de société du candidat, l'économie congolaise et les priorités du quinquennat à venir. 

Crédit Photo : P/CG
Crédit Photo : P/CG

Clément Mouamba, Premier ministre du Congo.

Monsieur le Premier ministre, le meeting de Sibiti, votre ville natale, vient de prendre fin. Que traduit cette présence des jeunes et des femmes à ce meeting? 

Clément MOUAMBA : cela traduit incontestablement une adhésion au projet du candidat Président, Denis Sassou Nguesso. Nous avons retrouvé toutes les composantes de notre département. On souhaite que toutes ces personnes qui étaient présentes, en tout cas une bonne partie, puissent être de vrais électeurs. Qu'on puisse s'assurer qu'elles sont toutes en possession de leurs cartes d'électeurs pour concrétiser leurs votes le jour du scrutin.

La réélection de Dénis Sassou Nguesso ne fait quasiment l'objet d'aucun doute. Quel sera, selon vous, l'enjeu du scrutin du 21 mars 2021 ? 

En politique, il ne faut jamais minimiser l'adversaire, et je note que les principaux adversaires qui sont sur la ligne de départ, ont été ministres du président Sassou. Ils connaissent les enjeux. L'enjeu pour le président Dénis Sassou Nguesso, c'est le chiffre. Il nous faut des gens qui puissent voter massivement. Notre ennemi aujourd'hui c'est l'abstention. Même si rien n'est gagné d'avance, je crois que le président Dénis Sassou Nguesso sera réélu, et il le sera au terme d'un scrutin propre et crédible.

Le président Dénis Sassou Nguesso, dans son projet de société dit "poursuivons la marche". Mais pour quel objectif ? 

Le président poursuit la marche parce que l'ancien projet de société contenait des choses extrêmement importantes, que cela soit au niveau de la gouvernance, le développement du pays, les enjeux sociaux, environnementaux, la jeunesse qui n'a pas d'emploi, l'économie numérique. Compte tenu du contexte, nous avons pu avancer difficilement pour exécuter beaucoup de projets pertinents. Vous savez, un programme c'est une vision, et la vision du président n'a pas changé. Tout ce qui a été dit ne pouvait se faire en cinq ans. Le programme initial reste maintenu. Malgré les difficultés de parcours, la marche vers le développement demeure un projet de société pertinent. Pour le compte du prochain quinquennat, la nouvelle démarche consiste à accorder une attention particulière aux moyens humains et financiers devant nous permettre de réaliser nos ambitions et de parvenir aux résultats escomptés. 

En 2016, l'atmosphère politique était très tendue, notablement à cause de la candidature du président Sassou Nguesso et de la révision constitutionnelle. Cinq ans après comment appréciez-vous cette atmosphère politique?

Vous savez la politique c'est un domaine où l'émotion prend parfois le dessus par rapport à la raison. A l'époque sur le principe, les gens se sont braqués à l'idée réviser la constitution pensant que le président voulait à tout prix se pérenniser au pouvoir sans même lire le contenu du texte qui leur était proposé. Cette constitution a permis, à mon avis, aux Congolais de s'exprimer mieux en politique. C'est une constitution qui a réduit le pouvoir du président de la république, a augmenté le pouvoir des deux chambres. Cette constitution aujourd'hui a produit ses effets. Les mêmes compatriotes qui s'étaient opposés violemment sont tous devenus candidats lors des législatives, et le chef de l'opposition politique a une position reconnue. Une grande ouverture a été faite. Le pouvoir n'est plus totalement concentré dans les mains du président de la république. Le pouvoir exécutif est partagé, il y a le Président et le Premier ministre. Le Premier ministre a des pouvoir réels. Je suis Premier ministre et j'exerce bien mes pouvoirs, bien sûr sans être en contradiction avec le Chef de l'état. Personnellement je note que cette équipe, Sassou-Mouamba, fonctionne très bien même si ce n'est pas à moi seul d'apprécier, c'est au chef de le faire. Mais je viens de passer cinq ans à ses côtés, je n'ai eu aucune entrave, et j'ai pu exercer en toute liberté ma mission de chef du Gouvernement. 

Monsieur le Premier ministre, vous êtes un économiste de formation, le Congo traverse une crise économique majeure depuis quelques années. Que propose aujourd'hui votre candidat pour rassurer les populations congolaises ? 

L'économie est une science sociale. Avec l'économie, on ne ment pas, avec l'économie, on ne triche pas. Cependant, on peut avoir une vision, une vision très proche des aspirations des populations. Ailleurs on parle de la gauche et de la droite. Ici on pourrait croire que notre pouvoir est d'essence socio-démocrate. Le constat qui est fait aujourd'hui est que l'économie congolaise est restée longtemps axée sur une mono production, c'est à dire le pétrole. Dès lors que le pétrole a eu des problèmes, l'économie et tous les autres secteurs ont totalement souffert. On a enregistré des chômages importants, des fermetures d'entreprises, qui étaient restées greffées sur l'activité pétrolière. Il fallait absolument diversifier l'économie, ce n'est pas un mot vain. Diversifier, signifie sortir progressivement de la contrainte pétrolière. Cela a été engagé. Nous avons également lancé des réformes, au niveau de la gouvernance, parce qu'il a été démontré qu'il ne suffit pas d'avoir de l'argent, il faut avoir de la méthode, avoir des process qui vous permettent de mieux utiliser l'argent. C'est pour cela que nous avons engagé des réformes profondes sur la gouvernance, la corruption, la gestion des ressources publiques. Au niveau du président Sassou Nguesso, les choses sont suffisamment claires. Longtemps, nous avons été un État socialiste, on a pensé que l'état devait tout faire. Mais depuis, nous avons tiré objectivement des leçons. L'Etat en tant qu' acteur peut impulser, encadrer, élaborer les bonnes politiques, mais ce n'est pas à lui d'aller dans la production.  Il fallait laisser l'économie au privé. Ce n'était pas facile, mais désormais les Congolais sont acquis à cette conception. C'est pour cela que le Programme national de développement (PND), laisse une grande place au développement du secteur privé.

Que comptez-vous faire pour rassurer désormais les investisseurs?

Un investisseur pour qu'il vienne, il faut qu'il trouve un cadre, législatif, organisationnel, suffisamment attractif pour qu'en mettant ses moyens en jeu, il puisse rentabiliser tout en créant de la richesse. Vous savez, la dette du Congo avait explosé, plus de 110% du PIB, ce qui faisant du Congo, un pays pas attrayant pour les investisseurs. C'est cette situation qui nous a emmenés au FMI. Fin 2019 et en 2020, les investisseurs ont commencé à revenir autour de la table, nous avions bon espoir pour remonter la pente.....

Mais le Covid est passé par là entre temps?

 Evidemment, et tout s'est effondré. Notre taux de croissance commençait à se relever, nous étions négatif en 2019 et en 2020, nous avons eu des signaux qui nous permettaient de savoir que nous sortions des difficultés. La dette avait beaucoup baissé. Lorsque le PIB n'augmente pas, et que la dette est la même, vous vous retrouvez avec une dette qui dépasse les 100%. C'est à dire, un quasi retour à la case départ. Le Congo a pourtant fait tous les efforts possibles pour sortir de cette crise économique. Nous rassurons nos populations que le plus dur est derrière nous et que les réformes engagées par le président Denis Sassou Nguesso portent des fruits.

Votre mot de fin 

Je voudrais rassurer nos compatriotes que nous poursuivrons la marche ensemble. Certaines conditions sont essentielles au développement : la préservation de la paix, l'unité nationale, le renforcement de l'Etat de droit, la démocratie, la décentralisation, et l'amélioration de la gouvernance publique. Nous n'avons pas la prétention d'avoir tout fait, mais nous avons réalisé d'excellents progrès dans tous les domaines. 

LSI AFRICA

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