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Présidentielle au Congo : Collinet Makosso défend le bilan économique et la vision politique de Sassou Nguesso

À quelques semaines de l’élection présidentielle du 15 mars 2026 en République du Congo, Anatole Collinet Makosso, surnommé "ACM", Premier ministre, directeur national adjoint de campagne et porte-parole du candidat Denis Sassou Nguesso, a rencontré plusieurs journalistes à Pointe-Noire. L’ancien enseignant, figure centrale du système politique congolais, a livré une défense offensive du bilan du pouvoir et esquissé les priorités du projet de société du président sortant.

Crédit Photo : DT
Crédit Photo : DT

Anatole Collinet MAKOSSO.

À Pointe-Noire, la mer n’est jamais très loin. Dans la cour de sa résidence, les oiseaux couvrent par moments le bruit lointain des vagues. Sous un soleil presque vertical, Anatole Collinet Makosso reçoit quelques journalistes venus l’interroger sur la campagne présidentielle en cours. L’homme, ancien enseignant devenu Premier ministre puis directeur national adjoint de campagne du candidat Denis Sassou Nguesso, s’installe avec assurance. Le ton est calme, mais résolument combatif. Depuis plusieurs semaines, la machine électorale du pouvoir est en marche. « Nous parcourons les départements avec une véritable force de cheminement », affirme-t-il, évoquant les déplacements du candidat dans le Niari, la Lékoumou, la Bouenza, les Plateaux ou encore la Cuvette-Ouest. Selon lui, la mobilisation observée sur le terrain témoigne d’un « engouement populaire » qui renforce la confiance du camp présidentiel à l’approche du scrutin du 15 mars 2026.

Pour le porte-parole du candidat, la campagne s’inscrit dans la continuité d’un projet politique engagé depuis plus de deux décennies. « Le projet est resté le même depuis 2002, lorsque Denis Sassou Nguesso avait lancé la Nouvelle Espérance », rappelle-t-il. À ses yeux, l’objectif n’a jamais varié : reconstruire un pays marqué par les guerres des années 1990 et poser les bases d’un développement durable. ACM insiste sur ce qu’il présente comme les fondements économiques désormais stabilisés. Il rappelle qu’au sortir de la crise sanitaire mondiale, l’économie congolaise traversait une période difficile, marquée par une croissance négative de –6,6 % en 2020 puis –1,7 % en 2021. « Nous avons fait des efforts pour ramener la croissance à 3,5 % et maîtriser l’inflation autour de 2,6 %, en dessous de la norme de la CEMAC », soutient-il. Le responsable politique met également en avant la réduction du niveau d’endettement, passé selon lui d’environ 107 % du PIB en 2020 à moins de 90 % aujourd’hui.

Une part importante de cette stratégie a consisté à solder ce qu’il appelle la « dette des traders », issue de mécanismes d’avances pétrolières qui pesaient lourdement sur les finances publiques. « Cette dette pouvait phagocyter l’économie et limiter la souveraineté du pays », affirme-t-il. Une fois ces équilibres rétablis, explique-t-il, l’État peut désormais s’attaquer progressivement à la dette intérieure tout en mobilisant de nouvelles marges pour financer le développement. Dans cette perspective, le gouvernement met en avant la poursuite de grands projets d’infrastructures. Makosso cite notamment la construction de routes, dont l’ambition initiale était d’atteindre 500 kilomètres par an. L’objectif n’a pas été totalement atteint faute de ressources, reconnaît-il, mais l’amélioration progressive des finances publiques devrait permettre d’accélérer le rythme.

ACM rejette également les critiques sur l’absence de résultats en matière d’emploi. Selon lui, le taux de chômage des jeunes serait passé de 44,5 % à 39,8 % entre 2020 et 2025. Il met en avant la création de 40 000 emplois publics sur la période, auxquels s’ajouteraient 10 000 recrutements en cours dans la fonction publique. Dans le secteur privé, près de 5 000 entreprises auraient été créées par de jeunes entrepreneurs grâce aux dispositifs de soutien aux PME. Sur la question de la corruption, Makosso défend les réformes engagées par l’État. Il évoque notamment la digitalisation des régies financières, la modernisation administrative et la numérisation des procédures publiques, censées limiter les pratiques frauduleuses. Selon lui, le Congo aurait gagné plusieurs points dans l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International entre 2022 et 2024.

L’entretien prend également une dimension politique lorsque le porte-parole du candidat évoque la trajectoire démocratique du pays. Il rappelle que Denis Sassou Nguesso avait accepté sa défaite électorale en 1992 après avoir écourté son mandat au nom du pluralisme. « Il a payé de son mandat pour la démocratie », insiste-t-il, présentant le chef de l’État comme un acteur majeur de la stabilité institutionnelle. Au-delà de la campagne actuelle, Makosso décrit le président sortant comme « un trait d’union entre les générations ». Selon lui, la mission de la génération politique actuelle consiste à poser les bases permettant l’émergence de nouvelles élites capables de poursuivre le développement du pays. Interrogé enfin sur son propre avenir politique, notamment sur une éventuelle reconduction à la tête du gouvernement, il élude la question avec prudence. « Ce n’est pas à l’ordre du jour. Je suis un fonctionnaire loyal en mission. Ma mission durera le temps qu’elle doit durer », répond-il. Avant d’ajouter : « Je suis Premier ministre jusqu’au 15 mars 2026, ou jusqu’à ce que le président de la République en décide autrement. »

Lorsque l’entretien qui aura duré plus d'une heure s’achève, le soleil commence lentement à décliner sur Pointe-Noire. Anatole Collinet Makosso reste fidèle à la ligne qu’il a défendue tout au long de l’échange : celle d’un pouvoir qui revendique la continuité et assume un bilan qu’il juge déterminant pour l’avenir du pays. Lorsque l’entretien s’achève, Anatole Collinet Makosso ne s’attarde guère. Le directeur national adjoint de campagne du candidat Denis Sassou Nguesso reprend aussitôt le chemin du terrain. Dans les quartiers et les localités environnantes de Pointe-Noire, il enchaîne les réunions publiques et les rencontres politiques. En quelques jours passés dans la capitale économique, il aura animé près d’une dizaine de meetings, multipliant les échanges avec les militants et les sympathisants.

Selon plusieurs sources proches de l’équipe de campagne, cette présence soutenue sur le terrain répond à une stratégie précise : mobiliser largement les électeurs et encourager une forte participation au scrutin du 15 mars 2026. Car au-delà de la défense du bilan et du projet de société du candidat, l’enjeu est aussi de convaincre les populations de se déplacer massivement aux urnes. 

LSI AFRICA

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