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COHABITATION

Gabon : la cohabitation de plus en plus tendue entre populations et éléphants

Au Gabon, la protection des éléphants, longtemps présentée comme un succès en matière de conservation, se heurte à une réalité de terrain de plus en plus préoccupante. Dans plusieurs régions, la multiplication des incursions de pachydermes dans les villages expose les populations rurales à des risques croissants, entre pertes agricoles, blessés et décès. Face à cette pression, les réponses oscillent entre protection de la faune et nécessité de sécuriser les communautés.

Credit Photo : AFP
Credit Photo : AFP

Image d’illustration.

Les images d’un éléphant s’introduisant dans un atelier pétrolier à Gamba, repartant avec une boîte de lait sous les yeux d’employés restés à distance, ont largement circulé sur les réseaux sociaux. La scène, sans heurts, renvoie à une forme d’habituation entre l’animal et l’homme dans certaines zones. À Gamba, cette proximité s’inscrit dans une histoire ancienne. La présence d’acteurs industriels et les politiques de conservation ont contribué à instaurer un environnement où les éléphants évoluent sans être systématiquement chassés, favorisant des comportements moins agressifs.

Mais cette cohabitation apparente masque une réalité bien plus tendue ailleurs. Dans plusieurs localités, notamment dans la région du Fernan Vaz, les populations font état d’une pression accrue des éléphants sur les zones habitées. À Omboué, des habitants évoquent une progression régulière des animaux vers les plantations et les villages, avec des conséquences parfois dramatiques. Dans la lagune Ngowe, deux personnes ont récemment perdu la vie alors qu’elles se rendaient dans leurs champs. Des incidents similaires sont régulièrement signalés dans d’autres régions, y compris dans le nord-est du pays, où les confrontations deviennent plus fréquentes.

Protection de l’espèce ou sécurité des populations

Au Gabon, l’éléphant bénéficie d’un statut de protection renforcé, et le braconnage est strictement sanctionné. L’abattage n’est autorisé que dans des cas encadrés, notamment en situation de légitime défense ou pour protéger les cultures, sous la supervision des autorités des Eaux et Forêts. Le pays abriterait entre 95000 et 130000 éléphants de forêt, soit l’une des plus fortes concentrations au monde. Cette présence, qui constitue un atout majeur en matière de biodiversité, accentue également les tensions dans les zones rurales où les espaces de vie se chevauchent. Les barrières électriques sont souvent présentées comme un moyen de limiter les intrusions dans les plantations. Leur efficacité dépend toutefois de leur déploiement à grande échelle, ce qui suppose des investissements importants et une logistique adaptée, encore difficile à réunir dans certaines régions.

Un équilibre encore incertain

Les autorités gabonaises font face à un arbitrage complexe. Si certaines zones parviennent à maintenir une coexistence relative, d’autres connaissent une dégradation rapide des conditions de sécurité. La gestion du conflit homme-faune s’impose désormais comme un enjeu central, au croisement des politiques environnementales, du développement rural et de la sécurité des communautés.

Aziz Adewalè Tchandi à Libreville.

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